Loi sur l’enseignement obligatoire

Loi sur l’enseignement obligatoire

De nombreuses questions à trancher

 

 

Article de Joséphine Byrne Garelli paru dans "La Nouvelle Revue" de novembre

 

L’évolution de l’école vaudoise est un long fleuve pas très tranquille ! Un nouveau chapitre s’écrit dans notre canton avec la confrontation programmée entre deux visions de l’école : Ecole 2010 versus le projet de loi scolaire du Conseil d’Etat. Les premières échauffourées datent du printemps, lors de la consultation sur l’avant-projet de loi cantonale.

 

Sur un certain nombre de points, le  texte de loi étudié actuellement par le Grand Conseil a tenu compte de l’avis des Radicaux. La possibilité de redoubler, initialement supprimée, a été rétablie. Le nombre de périodes scolaires augmente entre la première et la sixième année scolaire. Conformément à nos exigences, elles seront consacrées au français et aux mathématiques, pour renforcer les compétences de base des élèves. Enfin, l’utilisation des résultats des épreuves cantonales de référence (ECR) à des fins de promotion - bien  que la proportion reste encore à déterminer – est admise.

 

Force est pourtant de constater que le nouveau texte dévie en corner notre demande concernant le secondaire I. Convaincu que les problèmes de l’école résident davantage dans la faiblesse de ses contenus que dans ses structures, notre parti s’est prononcé en faveur du  maintien des trois filières VSO, VSG et VSB, tout en exigeant une amélioration de leur perméabilité. Le Département de la Formation propose, lui, la suppression de la VSO et la création d’une école à deux filières, l’une préparant les élèves aux études (l’actuelle VSG), l’autre à l’apprentissage.

 

Cette solution n’est pas inintéressante, dans le sens où elle préserve une filière exigeante, l’actuelle VSB. Les milieux économiques et les hautes écoles craignaient en effet un nivellement vers le bas pour les meilleurs élèves dans un système d’enseignement à niveaux. Le maintien de la VSB pour les élèves qui se destinent à des études longues est donc cohérent.

Reste la question du rassemblement de la VSG et de la VSO, qui cristallisera à coup sûr les débats… Si tout le monde reconnaît que la VSO actuelle coûte très cher et que les élèves s’y sentent stigmatisés et démotivés, personne n’avance de solution susceptible de trouver un large consensus.

 

Pour les uns, la solution proposée par le Conseil d’Etat de créer une voie générale avec un enseignement à deux niveaux pour le français, les mathématiques et l’allemand est intéressante. Elle permet une très grande perméabilité entre des exigences de base et des exigences supérieures par branche. L’introduction d’options spécifiques permet en outre le passage direct vers la VSB pour un élève qui obtient les notes nécessaires ; enfin, la création d’options de compétences orientées métier complète un tableau qui permet une réorganisation cohérente des raccordements.

 

Pour les autres, l’approche du DFJC n’est qu’un premier pas vers une voie unique. Les actuels VSG, mélangés aux VSO, verront les exigences diminuer. Par ailleurs, le passage d’un niveau à l’autre, rendu possible tous les six mois dans le projet de loi, n’augure-t-il pas de trop faibles différences d’exigences entre niveaux ? Pour les députés, il ne sera pas simple de trancher !

Enfin, la question des droits et devoirs des enseignants est la grande absente du texte et fera selon toute vraisemblance l’objet d’une loi spécifique.  Dommage. Car l’adhésion du corps enseignant aux principes de la loi sera déterminante pour son succès…  Or, on n’en parle pas. C’est dangereux !

 

Dans ces circonstances, la proposition du PLR.Les Radicaux de créer un organe de contrôle de qualité de l’école garde toute sa pertinence. Le diable sera, comme toujours, dans le détail des règlements qui échappent à tout contrôle démocratique. Seul un suivi objectif des résultats des élèves, des classes et des établissements à long terme, ainsi que l’analyse de leur évolution dans le temps peut nous permettre de diagnostiquer les problèmes et apporter des solutions appropriées. Nous devons donc revenir à la charge rapidement…